fursuit maker, peluches, figurines

L’ATELIER FAMILIAL

Alis au Pays des Merveilles

Comment ne pas voir le monde autrement quand on s’appelle Alis.

Ma passion pour l’art, les costumes et le fandom est née très tôt. J’ai dessiné et réalisé mon premier fursuit à douze ans, puis d’autres ont suivi pour mes amis. Sur ma lancée, j’ai fabriqué des peluches en feutrine gores et bizarres, des sculptures trash et flashy, des vêtements entremêlés. J’ai aussi peint beaucoup de murs, de meubles, et quelques toiles.

Aujourd’hui, à vingt deux ans, je suis artisan spécialisée dans la fausse fourrure. Une évidence pour moi depuis le premier jour. Mes parents, Lyne et Stéphane, partagent leur expérience avec moi le temps d’un envol. Mes talents d’illustratrice touche à tout s’expriment pleinement à travers cette activité ultra complète, où le dessin, la sculpture et le tissu se répondent sans arrêt.

Mon cœur et mes mains sont les plus beaux outils dont j’ai été dotée. Ne reste plus qu’à les animer.

des Créatures aux contours noirs

Si je devais définir mon style aujourd’hui, je dirais que c’est un mélange de fantastique, de noirceur aux couleurs vibrantes, avec toujours un soupçon de philosophie. Chaque création que je façonne est l’expression du moment présent, de mes ressentis, de la vie mais aussi de la mort.

C’est ce que nous appelons le style Toony. Pas le toony rond et inoffensif qu’on voit partout, mais un toony qui garde ses dents. Nos créatures hybrides mêlent l’animal, le végétal et le minéral, comme si la nature avait improvisé au lieu de suivre un plan. Une corne peut devenir une branche. Une fourrure peut se prolonger en écorce ou en cristal. Rien n’est jamais tout à fait ce qu’on croit voir au premier regard.

Aujourd’hui ce sont les contours et les mélanges improbables qui habitent nos créations. Demain ce sera peut être le tour du flou et de l’épuré. Le style bouge parce que nous bougeons, et c’est très bien ainsi.

Pour transformer l’imaginaire en réalité, beaucoup de tâtonnements et de détournements sont indispensables. À force d’entraînement et de répétition, la bonne forme finit toujours par apparaître.

Une histoire de famille, avant d'être un métier

L’Atelier n’a jamais été le travail d’une seule personne, même si c’est moi qui porte le nom et le style. C’est une affaire de famille, où chacun apporte ce qu’il sait faire de mieux.

Lyne, ma mère, est ingénieure habillement et couturière. C’est elle qui a posé les fondations techniques de tout ce que nous fabriquons. Grâce à son expérience, nous combinons créativité et maîtrise, et chaque pièce que nous livrons répond à des exigences de montage et de confort qui ne s’improvisent pas.

Stéphane, mon père, vient du monde de la communication et travaille aujourd’hui le design et l’impression 3D. C’est lui qui donne forme aux éléments rigides de nos créatures, cornes, griffes, structures, tout ce que le tissu seul ne peut pas exprimer.

Moi, j’ai grandi entre les deux, avec un crayon dans une main et des chutes de fourrure dans l’autre. Ce que je fais aujourd’hui n’est pas né dans un livre ni dans une école. C’est né à la table de la cuisine, un peu plus tôt que la moyenne.

Nous aimons transmettre autant que fabriquer. Nous avons accueilli plusieurs stagiaires à l’atelier, pas pour vendre une méthode, mais parce qu’expliquer ce qu’on fait nous force à mieux le comprendre nous mêmes.

Collaborer, pas exécuter

Un devis qui commence par un cahier des charges complet, avec chaque détail déjà tranché, ne nous ressemble pas vraiment. On préfère les débuts un peu flous, où on sent qu’il reste de la place pour proposer quelque chose que tu n’avais pas encore imaginé.

Ça veut dire qu’on pose des questions, parfois beaucoup. Qu’on revient vers toi avec une idée différente de ce que tu avais en tête, pas pour t’imposer notre vision, mais parce qu’on a vu une solution technique ou une direction artistique qui pourrait rendre la créature plus forte. Tu restes décisionnaire du début à la fin. Mais on refuse d’être une simple paire de mains qui suit des instructions.

C’est ce qui rend chaque projet un peu plus long à démarrer, et beaucoup plus juste à l’arrivée.

Ce qui nous fait avancer

On aime les créatures qu’on ne sait pas encore nommer.

On aime les projets où, au moment du devis, on ne sait pas encore comment on va s’y prendre. C’est un bon signe. Ça veut dire qu’il va falloir inventer quelque chose, chercher un nouveau matériau, tester une structure qu’on n’a jamais montée. Chaque projet nous oblige à changer de méthode, parfois de manière de penser. C’est fatigant. C’est exactement pour ça qu’on continue.

On aime aussi les accessoires, les prolongements, les couches. Une créature ne s’arrête jamais tout à fait à sa tête.

Ce qu’on fait moins bien, ce sont les designs très directs, les canidés classiques, les projets entièrement décidés d’avance où il ne reste plus qu’à exécuter. Ce n’est pas une question de valeur. C’est une question de justesse. D’autres ateliers font ça très bien, souvent plus vite et pour moins cher que nous. On préfère t’orienter vers eux que te décevoir.

Notre place est ailleurs. Là où c’est un peu compliqué.